Lundi 15 décembre 2008
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Les paupières sont baissées mais
l'oeil n'est pas complètement fermé. Ce n'est donc pas de rêve qu'il s'agit. Mais que peut-on bien voir dans ces conditions? Eux disent qu'ils regardent l'au-delà, ce monde que nous ne pouvons
voir normalement mais auquel le masque peut s'adresser. Les peuples d'Afrique noire ont imaginé les danses des masques pour essayer de régler des problèmes qui surgissaient chez les vivants du
fait du mécontentement des esprits. Le danseur est ainsi habité par l'esprit qu'il représente, ce qu'il traduit dans sa danse. Les masques eux-mêmes sont secondaires même si nous sommes frappés
par leur qualité plastique et l'extrême diversité des formes, au sein même de chaque ethnie. Cependant des solutions plastiques similaires se retrouvent assez largement. Ainsi l'oeil mi-clos est
un trait que l'on retrouve dans de nombreux corpus. La précédente exposition de la galerie L'Oeil et la Main présentait un ensemble de masques portraits du Cameroun, et là les yeux étaient grands
ouverts. Afficher le caractère d'un personnage, pas un état d'intercession, justifie l'utilisation de réalisme si ce n'est celle de la caricature. Tout au contraire, dans la présente exposition
nous avons sélectionné différents masques où le traitement des yeux - tout rond ou mi-clos - renvoie naturellement au monde des esprits. Ici un masque d'épileptique Pendé au regard halluciné, là
un masque terrifiant Wé ou un de ces grands masques Songyé aux yeux protubérants destinés à impressionner les initiés. On trouvera facilement des correspondances entre les masques Pounou, Kwelé,
Songyé de type féminin, et même Baoulé ou Gouro parce qu'ils sont habités d'équilibre et de sérénité. Qu'ils soient très rares ou au contraire bien classiques, tous ont en commun une grande
beauté qui nous surprend toujours par la simplicité des choix esthétiques.
Par ARTS PREMIERS ART PRIMITIF
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